La question de la fin des moteurs thermiques dans l’automobile suscite de nombreux débats. Alors que les partisans de la voiture électrique espéraient une transition rapide, la réalité s’avère plus complexe. Les objectifs ambitieux de l’Union européenne, qui prévoyait d’interdire la vente de véhicules thermiques neufs d’ici 2035, ont été partiellement revus. Cela soulève la question : quand pouvons-nous réellement envisager un monde sans moteur thermique ?

À retenir

  • Actuellement, seulement 5,3% du parc mondial automobile est constitué de véhicules électriques.
  • Les projections estiment que d’ici 2035, les véhicules électriques représenteront environ 30% du parc mondial.
  • La transition vers l’électrique varie considérablement selon les régions, avec des leaders comme la Chine et la Norvège.

Détails

Le parc automobile mondial est dominé par les véhicules thermiques, avec environ 1,4 milliard de voitures en circulation, dont seulement 74 millions sont électriques. Même si la production de moteurs thermiques cessait immédiatement, il faudrait plusieurs décennies pour que ces véhicules disparaissent naturellement. Les projections d’experts comme l’Agence Internationale de l’Énergie indiquent que d’ici 2030, seulement 15% des voitures en circulation seront électriques, et 30% d’ici 2035.

Cette lente transition est exacerbée dans les marchés émergents, où le parc thermique continuera de croître jusqu’au milieu des années 2040. Dans ces régions, l’électrique ne remplace pas immédiatement le thermique, mais vient s’ajouter à l’offre de mobilité existante. Cela rappelle d’autres transitions technologiques, où l’obsolescence économique a souvent été le moteur du changement, plutôt que des interdictions réglementaires.

Les dynamiques d’électrification diffèrent considérablement d’une région à l’autre. En Chine, par exemple, les véhicules électriques représenteront 60% des ventes neuves d’ici 2025, et les projections pour 2035 vont jusqu’à 88%. Ce pays est devenu un leader mondial dans le secteur de l’électrique, influençant les tendances globales.

En Europe, la situation est plus nuancée. La Norvège se distingue avec 95,7% de ventes de véhicules électriques en 2025, tandis que d’autres pays, notamment dans le sud de l’Europe, peinent à suivre ce rythme. Les projections pour l’Europe estiment que la part des véhicules électriques atteindra 68-69% d’ici 2035, mais les récentes fluctuations réglementaires montrent que cette trajectoire est loin d’être assurée.

Enfin, le cas américain illustre les limites d’une approche uniquement politique. Les défis liés à l’infrastructure, aux coûts et à l’acceptation du public montrent que la transition vers l’électrique nécessite plus qu’une simple volonté politique. Un changement durable dépendra de l’évolution du rapport qualité-prix et de l’acceptation par les consommateurs.

Conclusion

La fin du moteur thermique ne se profile pas à court terme. Les projections indiquent que même avec des efforts soutenus, une adoption massive des véhicules électriques prendra encore plusieurs décennies. La transition dépendra de nombreux facteurs, y compris les dynamiques économiques et les politiques publiques, qui varient considérablement selon les régions. Il est donc essentiel de rester vigilant et d’adapter nos attentes face à cette évolution complexe.

Sources